Agriferti Fiches

Français
Appui aux agriculteurs en gestion durable de la fertilité des sols en Guyane

English
Support for farmers in sustainable soil fertility management in French Guiana




Pour faire face à l’irrégularité des approvisionnements et à l’augmentation des coûts des engrais et amendements importés en Guyane, la Chambre d’agriculture de Guyane a lancé un projet d’appui aux agriculteurs pour une gestion durable de la fertilité des sols.
Ce projet vise à promouvoir l’utilisation d’amendements organiques locaux afin de renforcer l’autonomie alimentaire de la région et de limiter la dépendance aux engrais importés.
Prestation réalisée par : Solicaz et Agriphylle
Le projet DEMOBIOSTIM consiste en la mise en place de dispositifs de démonstration pour l’utilisation de biostimulants locaux et formulés à partir de bactéries locales.
Objectif : Sensibiliser le monde agricole à l’importance de la vie des sols, des symbioses naturelles entre plantes et micro-organismes, ainsi qu’aux solutions locales pour accompagner la transition agroécologique.
Ces dispositifs démonstrateurs auront lieu dans les communes de Saint-Laurent du Maroni, Cacao, Sinnamary, Kourou, Mana, Montsinéry et Macouria. Les dates seront communiquées prochainement.
Ce projet s’appuie sur l’expertise de Solicaz, qui a déjà conçu des prototypes de biostimulation en régions tropicales à partir de souches bactériennes locales (PGPR).
La Polynésie française s’étend sur 5,5 millions de km², mais seules 3 500 km² sont émergées. Son agriculture, principalement artisanale, couvre seulement 30 % des besoins alimentaires, entraînant une forte dépendance aux importations.
Les engrais et pesticides sont presque exclusivement importés, avec une consommation moyenne de 223,6 kg par hectare entre 2010 et 2013, soit 50 % de plus qu’en métropole. Cette dépendance, combinée aux coûts élevés du transport et des taxes, contribue à renchérir les prix des denrées alimentaires.
Dans le cadre de la collaboration entre Solicaz et la Direction de l’Agriculture (DAG), l’objectif est de développer des biostimulants à base de bactéries PGPR locales pour renforcer l’agriculture en Polynésie.
Le projet consiste à créer un produit pour stimuler la croissance des plantes, améliorer l’absorption des nutriments et renforcer leur résistance aux stress environnementaux, tout en réduisant la dépendance aux intrants importés et l’usage des engrais chimiques, pour soutenir l’autonomie alimentaire.
Prélèvement, isolement et conservation de souches bactériennes de la rhizosphère de cultures maraîchères, dans diverses conditions pédoclimatiques et agricoles.
Tests en laboratoire pour identifier les fonctions d’intérêt agronomique des souches.
Sélection et identification génétique des souches les plus performantes pour créer un ou plusieurs prototypes multi-souches.
Co-conception des protocoles avec la DAG, mise en place, suivi des essais sur station expérimentale et analyses statistiques des résultats
Expérimentation sur Choux de Chine
Technique de production : Conventionnel en plein champs. Réduction de 50% l’apport d’engrais chimique.
Expérimentation sur Salade
Technique de production : Conventionnel en plein champs.
Expérimentation Concombre
Technique de production : Conventionnel en plein champs. Réduction de 50% l’apport d’engrais chimique.



Ces résultats confirment que l’intégration des biostimulants dans les itinéraires techniques agricoles constitue une solution prometteuse pour augmenter la productivité, tout en réduisant la dépendance aux fertilisants chimiques et en encourageant une agriculture plus durable et performante.



Cet appel à projet a eu pour objectif de soutenir les iniciatives et projets visant à développer l’économie circulaire en Guyane, afin de promouvoir une consommation sobre et responsable.
En zone tropicale, la faible fertilité des sols est un défi majeur pour les agriculteurs. Ce problème, d’origine naturelle, est aggravé par le climat humide, qui entraîne l’érosion et le lessivage des nutriments. L’utilisation exesive d’intrants chimiques accentue cette dégradation. Cela oblige les agriculteurs à utiliser toujours plus d’engrais chimiques, dont les coûts ont fortement augmenté (+140 % en un an) et qui doivent être importés.
Dans le cadre du programme Economie Circulaire de l’Ademe, Solicaz a porté le projet Guyaprobio, dont l’objectif était d’évaluer dans quelle mesure l’utilisation de biostimulants à base de bactéries locales du sol peut réduire l’utilisation d’intrants, notamment les engrais chimiques, tout en maintenant une production agricole optimale.
Dans le cadre de la transition vers une économie circulaire, il est essentiel d’optimiser les pratiques agricoles afin de limiter l’usage des engrais chimiques tout en maintenant des rendements satisfaisants. Une solution prometteuse réside dans l’utilisation de biostimulants bactériens produits localement.
Le biostimulant développé par Solicaz est conçu à partir de bactéries indigènes de Guyane, sélectionnées et reproduites en laboratoire avant d’être réintroduites dans les sols. Ce procédé améliore la nutrition des plantes en optimisant la biodisponibilité des nutriments et renforce leur résistance aux stress abiotiques.
Le projet Guyaprobio a vise à déterminer dans quelle mesure l’usage des engrais chimiques peut être réduit tout en maintenant un rendement équivalent, grâce à l’intégration de ces biostimulants bactériens.
Quatre essais ont été menés sur des cultures maraîchères avec différentes techniques de production pour évaluer l’efficacité des solutions probiotiques. À chaque fin de cycle, les rendements ont été mesurés et comparés afin de déterminer dans quelle mesure la biostimulation bactérienne peut réduire l’usage des engrais sans affecter la productivité.



Expérimentation sur salade sucrine
Technique de production : Sous serre, fertilisation mixte (caca poule + NPK 12-12-24)
10 modalités testées



Restitution des résultats aux agriculteurs ayant participé aux expérimentations
Le projet Guyaprobio pourrait offrir une alternative viable à la fertilisation chimique en montrant que l’utilisation de biostimulants à base de microorganismes locaux peut réduire l’usage des engrais, tout en préservant ou même améliorant les rendements des cultures maraîchères. L’avenir de l’agriculture pourrait ainsi passer par une intégration plus large de ces solutions probiotiques, réduisant les coûts des intrants et limitant l’impact environnemental des pratiques agricoles actuelles.